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À Strasbourg, un salarié raconte 35 ans d’usine et des drames qui marquent une vie

todayavril 30, 2026 4

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À Strasbourg, un salarié raconte 35 ans d’usine et des drames qui marquent une vie

Place de la République, à Strasbourg, une cinquantaine de personnes se sont réunies mardi 28 avril pour honorer la mémoire des morts au travail. Au milieu des syndicats et des élus présents, Malek Kirouane a accepté de raconter ce qu’il a vu en 35 ans passés chez Dumarey, l’ex-General Motors qui doit fermer en 2026.

Le salarié évoque d’abord un souvenir des années 90, à la fonderie. Dans cette ambiance étouffante où l’aluminium monte à 700 degrés, un collègue est entré dans une machine avant d’en ressortir en flammes. Les brûlures ont été dramatiques, avec l’amputation d’un bras et de lourdes séquelles. Un épisode resté gravé dans sa mémoire, comme un rappel brutal de la dangerosité du travail.

Plus tard, dans les années 2010, il dit avoir vu un autre collègue s’effondrer sous ses yeux, victime d’un arrêt cardiaque. D’autres drames ont aussi marqué l’entreprise, même sans être vécus directement au même moment : un suicide découvert par un stagiaire, un autre arrêt cardiaque pendant un poste de nuit. Pour Malek Kirouane, ces faits montrent que la souffrance au travail dépasse largement les murs de l’usine.

Le syndicaliste dénonce aussi une réalité trop souvent minimisée en France : celle des morts sur le lieu de travail, parfois difficiles à faire reconnaître comme accidents liés au métier. Depuis la disparition du CHSCT en 2017, il estime que les salariés ont perdu un outil essentiel pour défendre leur sécurité. Son combat, désormais, est aussi celui des familles qui demandent que la vérité soit reconnue.

Écrit par: Seb Debollivier

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