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Caen : La Mémoire Arménienne au Cœur d’un Documentaire Émouvant

todayavril 25, 2026 1

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Caen : La Mémoire Arménienne au Cœur d'un Documentaire Émouvant

À Caen, un rendez-vous culturel et mémoriel majeur attend les Normands. La réalisatrice franco-arménienne Diana MkrtchyanYork, installée dans notre belle ville, dévoile son tout nouveau documentaire : « Ojakh, de l’autre côté du silence« . La projection aura lieu le vendredi 24 avril, une date hautement symbolique. Ce jour marque en effet la commémoration du génocide arménien. Un travail essentiel pour comprendre la transmission de ce stress post-traumatique, génération après génération.

Après un premier succès avec « Gata », sélectionné à Cannes en 2008, Diana MkrtchyanYork nous plonge à nouveau dans une histoire forte. Son film, projeté au Café des Images, est né d’une rencontre inattendue avec Ethan Arik. Ce photographe turc, hanté par un rêve mystérieux d’une ancienne propriétaire arménienne, a mené sa propre enquête. Il a grandi en Turquie, près de la frontière arménienne, sans jamais connaître la vérité sur les massacres perpétrés entre 1915 et 1923, où plus d’un million d’Arméniens ont péri. Il fut longtemps nourri par le mythe que les Arméniens « étaient partis » car « méchants ».

C’est en se rendant dans les villages arméniens, juste de l’autre côté de la frontière, qu’Ethan a découvert une réalité insoupçonnée. Il y a rencontré ceux qui, aujourd’hui, vivent en face de leurs anciennes maisons, ces lieux qu’ils ont dû fuir. Une quête de vérité que Diana a choisi de raconter. Pour la réalisatrice, « Je ne pouvais pas rester indifférente. Ethan a mon âge et, comme moi, il se pose des questions, sur ce qui s’est passé à cette époque« . Le courage d’Ethan est immense : exposer son travail en Turquie est un acte héroïque, risquant la prison pour « manque de patriotisme ».

« Ojakh, de l’autre côté du silence » ne se contente pas de retracer le passé. Il donne une voix aux victimes et aux témoins. Le documentaire s’appuie sur des témoignages poignants, recueillis par Ethan Arik avant leur décès, comme celui de Tigranoui Asatryan. Cette Arménienne de Kars, ancienne capitale arménienne aujourd’hui en Turquie, raconte avoir fui sa maison cossue à deux reprises, échappant aux massacres. Elle se souvient avoir été cachée sur le toit d’un train de marchandises. Des récits qui rappellent l’horreur des pogroms, encore niés en Turquie, où 200 villageois purent être enfermés pour être brûlés vifs. Un film puissant, à ne pas manquer, pour ne jamais oublier.

Écrit par: Seb Debollivier

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