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La nouvelle est tombée : pour ce 1er mai, les boulangers et les fleuristes du Grand Est ont le feu vert pour ouvrir leurs portes. Une possibilité qui fait débat, notamment pour Rémi Pruvost, boulanger en Moselle avec quatre boutiques à Montigny-lès-Metz, Metz et Marly. « Les plannings sont déjà faits », confie-t-il, un brin dépité. Pour lui, le gouvernement a agi trop tard, et ses enseignes resteront fermées.
Rémi, à la tête d’une vingtaine d’employés, connaît la chanson. « On avait déjà fermé l’année dernière pour les mêmes raisons », explique-t-il, préférant éviter les risques d’amende. Il l’assume : « Quand on embrasse le métier de boulanger, on sait qu’on se lève tôt, on travaille les jours fériés. » L’ambiance est différente chez Christophe Nicolas, fleuriste à Toul, près de Nancy. Lui, ce 1er mai, il ouvrira, comme d’habitude. Pour lui, c’est clair : « C’est devenu un problème politique. Ça ne nous concerne pas. On empêche les gens de travailler. » Son credo ? « Notre métier, c’est de faire plaisir aux gens. » Ses cinq employés seront là, payés double, comme la loi le prévoit.
Mais cette ouverture facultative inquiète les syndicats. Fréderic Nicolas, secrétaire général de FO Meurthe-et-Moselle, met en garde contre une « boîte de Pandore ». Sa crainte : que les grandes surfaces s’engouffrent dans la brèche si les artisans ouvrent, menaçant le statut du 1er mai comme « jour férié et chômé pour tous les salariés ». Un acquis social majeur, symbolisant la journée de huit heures. La loi est pourtant claire : seul le personnel volontaire et ayant donné son accord écrit peut travailler ce jour-là, avec un salaire doublé. Une infraction peut coûter cher, avec des amendes salées.
Écrit par: Seb Debollivier
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