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Grand Est : Aude, une femme de chez nous, raconte 30 ans de combat contre l’hyperphagie boulimique

todayjuin 8, 2026 4

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Grand Est : Aude, une femme de chez nous, raconte 30 ans de combat contre l'hyperphagie boulimique

La semaine de sensibilisation aux TCA bat son plein. Cette année, un trouble trop souvent dans l’ombre est mis en lumière : l’hyperphagie boulimique. Aude Saunier, une femme de 43 ans originaire de Meurthe-et-Moselle, connaît bien ce combat. Elle a vécu avec cette maladie pendant plus de trente ans. « Je mangeais pour me remplir », se souvient-elle. « J’avais l’impression de ne plus être dans mon corps. » Un sentiment qui résonne pour 3% de la population.

Le déclic ? Une humiliation subie à l’école, à l’âge de 9 ans. Une infirmière l’a rabaissée devant toute sa classe. « Personne ne m’aimerait jamais », lui a-t-on dit. Un choc terrible. Ce genre d’expérience n’est pas rare. Delphine Chapon, du réseau RéLAB en Lorraine, le confirme : « Les régimes sont la cause principale dans 80% des cas. Mais aussi une image de soi dégradée par le regard des autres. »

Le diagnostic est souvent un parcours du combattant. Pour Aude, il n’est tombé qu’il y a deux ans, malgré des décennies de souffrance. C’est malheureusement courant pour l’hyperphagie boulimique. Les professionnels de santé peuvent passer à côté. « On dit de manger moins et bouger plus », explique Delphine Chapon. « Alors qu’il y a un mal-être profond. » Thibault Vernier, médecin nutritionniste au CHU de Nancy, ajoute : « Dès qu’il y a obésité, il y a stigmatisation. On pense à un manque de volonté, mais le problème est bien plus complexe. »

La honte est un poids immense. Aude n’osait pas parler de ses « pertes de contrôle alimentaire » avant ses 30 ans. Elle se sentait « pétrie de honte ». L’hyperphagie boulimique, c’est une perte de contrôle sur les quantités mangées. Elle est suivie d’un sentiment de désespoir. Mais attention, contrairement à la boulimie, il n’y a pas de vomissements compensatoires. Le poids a donc tendance à augmenter. Les crises ne s’arrêtaient que quand elle avait « hyper mal au ventre ».

Écrit par: Seb Debollivier

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