Ile-de-France

Soupçons d’agressions dans le périscolaire : des parents se battent pour faire reconnaître la parole de leurs enfants

todayfévrier 26, 2026 27 5

Arrière-plan
share close

À Paris, des familles d’anciens élèves de l’école maternelle Paul-Dubois, dans le IIIᵉ arrondissement, continuent de se mobiliser après des faits dénoncés dès 2019. Elles craignent aujourd’hui que l’affaire ne débouche sur un non-lieu judiciaire.

Aurore (prénom modifié) se souvient du changement brutal de comportement de sa fille, scolarisée en grande section à l’époque. Troubles du sommeil, régression, crises d’angoisse et agressivité inhabituelle avaient alerté la famille dès l’automne 2018.

Lorsque plusieurs parents déposent plainte début 2019 pour des faits présumés d’agressions sexuelles impliquant un animateur périscolaire, la mère interroge son enfant. La réaction est immédiate : l’enfant panique et refuse d’évoquer ce qu’elle aurait vécu à l’école.

Un traumatisme qui s’exprime autrement
La fillette est alors suivie par des professionnels de santé. À travers des jeux et des dessins, elle exprime une grande peur liée à un adulte. Sa mère comprend progressivement que l’enfant évoque des menaces et des actes qui l’ont profondément marquée.

Aujourd’hui âgée de 12 ans, elle fait partie des 19 enfants entendus par la justice à l’époque, alors qu’ils avaient entre 3 et 5 ans. Quinze familles se sont constituées parties civiles dans cette affaire.

Une procédure longue et incertaine
En juin 2019, une première enquête est classée sans suite pour insuffisance d’éléments. Une instruction est ensuite ouverte à la fin de la même année, avant d’être clôturée en 2025. Sept ans après les premières révélations, les parents redoutent que la justice ne reconnaisse pas les faits.

L’animateur mis en cause a toujours nié les accusations. Il a été suspendu à titre conservatoire par la mairie de Paris dès février 2019.

Pour les familles, l’incompréhension demeure. Elles dénoncent une lenteur judiciaire et estiment que les témoignages concordants des enfants, appuyés par des professionnels de santé, n’ont pas été suffisamment pris en compte.

Des conséquences durables pour les enfants
Certaines familles ont quitté Paris, mais les séquelles restent présentes. Les enfants concernés souffrent encore d’angoisses importantes et de difficultés à dormir ailleurs que chez eux, plusieurs années après les faits présumés.

Fin 2025, après de nouvelles révélations d’affaires similaires dans le périscolaire parisien, les parents de l’école Paul-Dubois ont publié une tribune dénonçant un manque de réaction institutionnelle et des failles persistantes dans la protection des enfants.

Ils affirment que leurs enfants, aujourd’hui préadolescents, comprennent désormais la gravité de ce qu’ils auraient subi et refusent que leur parole soit minimisée.

Réactions des autorités
La mairie de Paris rappelle que l’agent concerné a été suspendu immédiatement et n’exerce plus auprès des enfants. En attendant une décision définitive de justice, il figure toujours dans les effectifs municipaux sans affectation.

La Ville met également en avant le renforcement récent de ses dispositifs contre les violences faites aux mineurs : amélioration des procédures de signalement, formation accrue des agents et meilleure information des familles.

Pour les parents, une certitude demeure : leurs enfants ont parlé et demandent aujourd’hui à être entendus.

Écrit par: Jade

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


Développe ta WebRadio avec RadioMania
0%