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La coquille Saint-Jacques, fleuron de nos côtes normandes, fait sensation bien au-delà de nos frontières ! L’appétit chinois pour cet « or blanc » est colossal. Arnaud Manner, directeur de Normandie Fraîcheur mer, le confirme : au récent salon international de Barcelone, les mareyeurs normands ont été littéralement « submergés de demandes » d’acheteurs venus de Chine.
Mais pourquoi cette ruée soudaine ? L’explication est simple. Après la fermeture du marché japonais, qui fournissait des pétoncles d’élevage, la Chine cherche de nouvelles sources d’approvisionnement. Nos coquilles, notamment celles de Granville ou de la Baie de Seine, sont parfaites pour leurs entreprises de transformation. Elles sont particulièrement prisées sans ou avec peu de corail.
Les chiffres donnent le tournis. En 2025, déjà 2 500 tonnes de Saint-Jacques françaises ont filé vers la Chine. Et pour 2026, ce volume a été atteint dès février ! On pourrait même frôler les 8 000 tonnes sur l’année, soit près de 10 % de la production française totale. La Normandie n’est pas seule concernée : la Baie de Saint-Brieuc a aussi vu ses coquilles partir en masse.
Cette manne financière, bien que bienvenue, soulève des inquiétudes. Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches, s’interroge : « Si on exporte tous nos produits, que vont manger les Normands ? » Il pointe aussi le danger d’un client unique qui pourrait, à terme, « faire la loi » sur les prix. Arnaud Manner reconnaît l’intérêt d’exporter, surtout quand les Chinois proposent un bon prix, même hors saison. Mais il met aussi en garde contre un possible dumping ou des subventions étrangères qui pourraient fausser le marché.
Écrit par: Seb Debollivier
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