Normandie

Coup de frein sur le CBD normand : l’interdiction qui inquiète la filière locale

todayjuin 15, 2026 2

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Coup de frein sur le CBD normand : l'interdiction qui inquiète la filière locale

Coup de tonnerre pour le secteur du CBD en Normandie. Depuis le 15 mai, une nouvelle réglementation européenne, appliquée strictement par la France, interdit la vente de produits alimentaires à base de CBD. Cette molécule issue du chanvre, prisée pour ses vertus bien-être, se retrouve désormais au cœur d’une controverse qui inquiète fortement la filière locale, des champs aux boutiques.

Près de Caen, Fabien Gommeaux, agriculteur et producteur de chanvre depuis des années, ne cache pas son désarroi. Il repique ses plants sans la moindre certitude de pouvoir commercialiser sa récolte. Ses produits, destinés à soulager les douleurs ou améliorer le sommeil sous forme de tisanes ou d’huiles, sont désormais interdits à l’ingestion. « Je plante sans certitude de pouvoir commercialiser le fruit de ma récolte ! », confie-t-il, soulignant l’incohérence : fumer le CBD reste autorisé, l’ingérer est passible d’amende.

Même son de cloche à quelques kilomètres de là, dans une boutique de Caen. Thomas Giard, gérant, illustre l’absurdité de la situation : une fleur de CBD se vend librement, mais la même fleur emballée comme une infusion est prohibée, sous peine de 15 000 € d’amende. Cette interdiction prive les commerçants d’une part significative de leur chiffre d’affaires et laisse les consommateurs, comme Julian, perplexes face à cette décision qu’ils jugent incohérente.

L’hypothèse avancée par les professionnels normands est celle d’un amalgame. La demande croissante pour le CBD aurait ouvert la porte à de nouvelles molécules synthétiques, les néocannabinoïdes, que l’État chercherait à réguler. Mais cette interdiction « en bloc » a des conséquences inattendues. Thomas Giard évoque une « non-assistance à personne dans le besoin », craignant que les clients ne se tournent vers Internet ou un marché parallèle. « Tout interdire, ça pousse à avoir des marchés parallèles », résume-t-il, pointant du doigt le risque de dérive.

Écrit par: Seb Debollivier

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