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Auvergne-Rhône-Alpes : Le CBD alimentaire en péril ? La filière tire la sonnette d’alarme

todayjuin 14, 2026 1

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Auvergne-Rhône-Alpes : Le CBD alimentaire en péril ? La filière tire la sonnette d'alarme

Depuis le 15 mai, c’est officiel : exit les huiles, gummies et autres chocolats au CBD destinés à l’ingestion ! Une stricte application d’une réglementation européenne a sonné le glas de ces produits, désormais interdits de commercialisation. En Auvergne-Rhône-Alpes, la pilule est amère pour une filière en plein essor depuis une décennie. À Clermont-Ferrand, les rayons se sont vidés, et l’inquiétude monte.

Maxime Chambon, gérant d’une boutique clermontoise, ne cache pas son désarroi : « C’est simple, je vais perdre 35% de mon chiffre d’affaires. Je suis vraiment fatigué, j’arrête tout simplement parce que ça ne nous permet plus de vivre. » Un coup dur pour la soixantaine de commerces spécialisés que compte la région, sans compter les producteurs qui voient leurs débouchés s’évaporer.

Cette interdiction, le gouvernement la justifie par des cas d’intoxications. Mais pour les professionnels de la filière, le vrai coupable n’est pas le CBD pur. Ils pointent du doigt des produits aux cannabinoïdes de synthèse ou à fort taux de THC, souvent vendus par des enseignes moins regardantes. Maxime Chambon le confirme : « Globalement, c’est du cannabis de synthèse qui n’a rien à voir avec le cannabis. Cela va produire un effet défonce. Le problème est que l’on ne connaît pas réellement le contenant de ces produits. » Une confusion qui pénalise toute une profession soucieuse de la qualité.

À près de 1 000 mètres d’altitude, dans le Forez, Séverine Malhière cultive des milliers de plants de chanvre CBD depuis neuf ans. Pour elle, comme pour d’autres agriculteurs de la région, la disparition de ces débouchés est un choc. Mais pas question de baisser les bras : « Il faut continuer à se battre. La totalité de la récolte sera utilisée pour des choses conformes. » La filière réclame d’ailleurs un cadre législatif clair et strict, pour distinguer les produits de qualité et éviter de « mettre des agriculteurs en danger ». En attendant un éventuel revirement du Conseil d’État, où un recours a été déposé, la filière s’adapte, vendant certains produits comme des cosmétiques. Un bricolage qui montre la vitalité et la résilience d’une économie locale déterminée à ne pas disparaître. Affaire à suivre de près en Auvergne-Rhône-Alpes !

Écrit par: Seb Debollivier

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