Bourgogne-Franche-Comté

Justice en Haute-Saône : ‘Un navire qui prend l’eau’, le coup de gueule des magistrats de Vesoul

todayjuin 13, 2026 2

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Justice en Haute-Saône : 'Un navire qui prend l'eau', le coup de gueule des magistrats de Vesoul

Le drame de la jeune Lyhanna, 11 ans, a secoué tout le pays. En Bourgogne-Franche-Comté, et plus particulièrement à Vesoul, en Haute-Saône, l’onde de choc se fait ressentir jusqu’aux portes des tribunaux. Alors que le gouvernement demande aux juges de traiter pas moins de 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs d’ici le 14 juillet, les professionnels de la justice locale tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, c’est une mission impossible, un véritable coup de massue.

Cette injonction ministérielle, lancée par Gérald Darmanin, est perçue comme un « effet d’annonce ». Les avocats et magistrats de Vesoul n’y croient pas une seconde. Comment gérer des dizaines de milliers de dossiers complexes, nécessitant auditions, confrontations et expertises, en à peine un mois ? « On va faire croire à la population qu’il suffira d’une trentaine de jours pour traiter 70 000 plaintes », s’indigne un avocat. Un discours jugé « assez hypocrite », face à une réalité de terrain bien différente.

Car si le ministre affirme que ce n’est pas un problème de moyens, les chiffres, eux, parlent d’eux-mêmes. La France compte trois fois moins de procureurs que la moyenne européenne (3,2 contre 11,2 pour 100 000 habitants). Le budget alloué à la justice par habitant est également deux fois inférieur à celui de l’Allemagne. « On a des juges et des procureurs 3 à 4 fois moins importants que la moyenne européenne », témoignent des avocates rencontrées à Vesoul. Pour elles, la justice est bel et bien « un grand navire qui prend l’eau ».

Le drame de Lyhanna est la partie émergée de l’iceberg. Au quotidien, les avocats de la région se heurtent à des délais « intolérables et incommensurables » pour les victimes qu’ils accompagnent. Loin des déclarations politiques, c’est bien le manque criant de personnel et de budget qui asphyxie le système judiciaire, rendant difficile la protection des plus vulnérables et le traitement efficace des affaires. Un cri du cœur local qui résonne face à l’urgence nationale.

Écrit par: Seb Debollivier

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