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Le ciel de nos prisons en Nouvelle-Aquitaine n’est plus si paisible. Les drones, ces petits engins volants, sont devenus un véritable fléau. Ils livrent de tout, de la drogue aux téléphones, directement aux détenus. Une situation qui inquiète fortement les agents pénitentiaires, dépassés par l’ampleur du phénomène. En France, près de 5 000 survols ont été recensés l’an dernier, un bond spectaculaire par rapport à l’année précédente. Une tendance qui se confirme chez nous, en Gironde et en Dordogne.
L’alerte est constante. Le 23 mai dernier, à Bordeaux-Gradignan, deux individus ont été interpellés, soupçonnés d’une tentative de livraison par drone. Une semaine avant, le 15 mai, un scénario similaire se jouait au centre de détention de Neuvic, en Dordogne, avec l’arrestation du pilote peu après. Ces livraisons sont rapides, discrètes, et bien plus difficiles à intercepter que les méthodes classiques. L’engin apparaît, se dirige vers une cellule ou une cour de promenade, dépose son colis et disparaît. Le détenu n’a plus qu’à récupérer le butin. Ronan Roudaut, représentant Unsa-Ufap à Gradignan, l’affirme : « Rien qu’à Gradignan, on compte plusieurs centaines d’intrusions chaque semaine. C’est pratiquement tous les soirs, plusieurs fois dans la nuit et désormais, même la journée ».
Dans ces colis aériens, on trouve de tout : drogue, cigarettes, mais aussi des téléphones, voire même de la nourriture ! Des produits que les détenus ne pourraient jamais obtenir autrement. Le problème est double : non seulement les livraisons sont quasi quotidiennes, mais elles peuvent aussi créer des tensions internes. « Ils sont aussi livrés au milieu de cent détenus qui vont se jeter sur le colis. Et dans ces cas-là, vous ne pouvez pas intervenir dans la cour », explique M. Roudaut. Face à cette ingéniosité criminelle, les établissements pénitentiaires peinent à trouver des solutions efficaces. Les délinquants semblent avoir un coup d’avance technologique.
Pourquoi un tel succès ? C’est simple : un drone est « pas cher, toujours disponible, ça n’arnaque pas, et il n’existe aucun moyen efficace de lutte », résume un délégué syndical de Bordeaux-Gradignan. L’investissement est vite rentabilisé. Les commandes se passent via des réseaux sociaux comme Snapchat ou Telegram, où des « dronistes » proposent leurs services à travers le pays. Un business florissant, mais illégal, qui met une pression énorme sur nos surveillants en Nouvelle-Aquitaine.
Écrit par: Seb Debollivier
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