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C’est une page d’histoire qui se tourne, avec un écho tout particulier en Pays de la Loire. L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’abrogation du Code noir, ainsi que de tous les textes ayant encadré l’esclavage dans les colonies françaises. Une décision forte qui résonne profondément à Nantes, premier port négrier de France.
Pour Johanna Rolland, maire de Nantes, cette abrogation était « indispensable ». Elle souligne que le Code noir, promulgué en 1685 sous Louis XIV, n’était pas qu’un symbole : il définissait le statut juridique des personnes réduites en esclavage, allant jusqu’à les considérer comme des « meubles » pouvant être achetés ou vendus. Si l’esclavage a été aboli définitivement en 1848, ce texte honteux n’avait jamais été formellement retiré du droit.
Mais au-delà de cette victoire symbolique, la ville de Nantes lance un message clair : « Effacer n’est pas réparer ». Comme le rappelle Thibaut Guiné, adjoint au patrimoine, le Président de la République lui-même estime que maintenir ces textes, même sans effets juridiques, est une « trahison de ce qu’est la République ». La démarche nantaise ne s’arrête pas à la reconnaissance : elle vise une réflexion plus large sur les conséquences toujours actuelles de ce passé.
Des voix s’élèvent d’ailleurs pour rappeler que les enjeux dépassent le cadre législatif. Une élue LFI de la métropole nantaise souligne ainsi que des situations héritées du pacte colonial persistent, notamment dans les territoires d’outre-mer. L’abrogation est un premier pas, mais la question des réparations et de la justice économique reste posée, pour ne pas enfermer l’histoire dans les seuls mémoriaux.
Écrit par: Seb Debollivier
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