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C’est une réalité qui frappe nos campagnes en Auvergne-Rhône-Alpes : un agriculteur sur deux gagne moins qu’un SMIC. Une étude récente de Max Havelaar le confirme : 43% des agriculteurs français peinent à atteindre les 1443 euros nets par mois. Parmi eux, Éric, éleveur laitier dans le Livradois, au cœur du Puy-de-Dôme. Installé depuis 23 ans, il ne dépasse pas les 1100 euros mensuels. Ses vaches, qu’il connaît par leur petit nom, sont sa passion.
Pour optimiser sa production, Éric a investi dans des robots de traite avec son associée. Un choix stratégique pour soulager le travail physique. « On garde le travail intellectuel », explique-t-il. Grâce à ces machines, la production de lait par vache a bondi. Mais malgré cela, et en cultivant lui-même une partie de l’alimentation de ses bêtes, Éric travaille en moyenne 80 heures par semaine. « On est loin d’être rémunérés à hauteur de notre travail », confie-t-il, soulignant l’absurdité de la situation pour ceux qui nous nourrissent.
À quelques kilomètres de là, dans l’Allier, François Blanchet, céréalier à Contigny, connaît des difficultés encore plus criantes. Avec seulement 800 euros par mois, sa situation est précaire. Le remplacement de matériel est un luxe inaccessible. Un semoir acheté 80 000 euros il y a 13 ans en coûte aujourd’hui 180 000. « Je ne peux pas amortir une telle différence de coût », déplore-t-il.
Sur ses 210 hectares, François cultive soja, blé et maïs. Mais la dégringolade des prix des céréales depuis 2024 l’étrangle. Pour être rentable, la tonne devrait se vendre entre 230 et 250 euros ; elle est à 170-180 euros. « Cela fait deux ans que je vends à perte », estime-t-il, évoquant une perte de 60 000 euros. Sans le salaire de sa compagne, la ferme ne tiendrait pas. Malgré tout, François s’accroche : « J’ai pas envie de lâcher. Jusqu’au bout, je me dis que je suis fort et que je fais tenir. » Une détermination admirable face à l’adversité.
Écrit par: Seb Debollivier
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