Imaginez un salon où chaque pas est un défi, où les objets s’empilent du sol au plafond. C’est le quotidien de Michel, 73 ans, comme de nombreuses personnes touchées par le syndrome de Diogène dans notre région. Ce trouble, qui pousse à l’accumulation compulsive et à l’isolement, peut vite devenir un piège. Heureusement, dans la Somme, une association locale, La Nouvelle Forge, offre un soutien vital. Leur mission ? Aider ces personnes à retrouver une vie digne. La demande est telle que des dizaines d’habitants sont déjà sur liste d’attente.
Chez Michel, à 73 ans, l’appartement est devenu un véritable labyrinthe. Vêtements, emballages, bibelots… Chaque recoin est envahi, rendant même l’accès aux toilettes compliqué. Pour l’aider à sortir de cette spirale, il bénéficie du dispositif Damil (Dispositif d’Aide, de Maintien et d’Insertion dans le Logement), porté par La Nouvelle Forge. Ce programme est entièrement financé par l’Agence régionale de santé. Une équipe dévouée – trois accompagnants éducatifs et sociaux, une assistante sociale, un assistant administratif et une psychologue – est à ses côtés, comme pour une trentaine d’autres bénéficiaires. Un vrai travail d’équipe pour un accompagnement sur mesure.
« Ils m’aident bien à débarrasser, heureusement qu’ils sont là, parce que tout seul, j’y arriverais pas », confie Michel. Maxime Dozinel, son accompagnant, l’aide pas à pas. Jeter un emballage vide, un geste simple pour beaucoup, est une victoire majeure ici. Chaque décision est prise avec patience et bienveillance. Caroline Parmentier, psychologue au Damil, le rappelle : « L’accumulation s’inscrit toujours dans un besoin de contenance et de sécurité avant tout. » Le syndrome cache souvent une profonde souffrance psychique, un besoin de se sentir en sécurité dans son propre espace, même si celui-ci devient invivable. L’équipe travaille aussi sur ce volet essentiel.
Le premier défi pour l’équipe ? Gagner la confiance de ces personnes, souvent isolées et méfiantes. « On ne rentre pas comme ça chez eux », explique Alix Tribouillois, l’assistante sociale. Il faut du temps, beaucoup de temps, pour tisser des liens. Parfois, les premières discussions se font sur le pas de la porte, à travers une fente. Mais cette patience est la clé. Elle permet de construire une relation solide, indispensable pour entamer le long chemin vers un nouveau départ. Un travail humain, au cœur de nos territoires.
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