Pays de la Loire

De Saint-Nazaire à l’enfer de la Guyane : le destin brisé d’une « bagnarde » pour un œuf

todaymai 13, 2026 2

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De Saint-Nazaire à l'enfer de la Guyane : le destin brisé d'une « bagnarde » pour un œuf

Tout part d’une simple question de généalogie à Guérande. En cherchant l’origine de son nom de famille, Anne Chaté, sociologue et enseignante à Saint-Nazaire, tombe sur un secret enfoui : son arrière-grand-mère par alliance, Almaïse, a fini ses jours au bagne de Guyane. Cette découverte a donné naissance à un roman captivant, « État (in)civil », qui retrace le calvaire de ces femmes effacées de la mémoire collective.

À la fin du XIXe siècle, la justice française ne fait pas de cadeaux aux plus démunis. Sous le coup de la loi sur la relégation, les petits délinquants récidivistes sont envoyés à vie à l’autre bout du monde. Pas besoin de crimes de sang pour subir cette peine automatique : pour Almaïse, quelques vols de lait et d’œufs pour nourrir ses enfants suffisent à sceller son destin. C’est une exclusion sociale radicale qui frappe alors les populations les plus fragiles.

L’exil est brutal, mais l’arrachement familial est une véritable torture. Condamnée alors qu’elle attend son quatrième enfant, Almaïse doit abandonner ses petits à l’Assistance publique avant de traverser l’Atlantique. Arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni, elle découvre un univers carcéral étouffant, entre travaux forcés et discipline religieuse. Une « mort lente » loin de sa Normandie natale, exhumée aujourd’hui avec émotion par la plume d’une habitante de notre région.

Écrit par: Seb Debollivier

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