Normandie

« On préfère aller en mer et gagner notre vie mais c’est plus possible » : pourquoi ces pêcheurs lancent une opération « port mort »

todayavril 14, 2026 7

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Face à la flambée du prix du carburant et à des charges devenues difficilement supportables, la colère continue de monter dans les ports de pêche français. À Port-en-Bessin (Calvados), les professionnels du secteur ont décidé de durcir le ton avec une opération “port mort”, symbolisant un arrêt volontaire de l’activité.

Un carburant devenu “insoutenable”

Pour les pêcheurs, le principal point de rupture reste le prix du gazole. En quelques années, le coût du carburant a presque doublé, rendant certaines sorties en mer peu rentables, voire déficitaires.

À bord de son navire, Julien Hue, patron pêcheur de La Persévérance, dresse un constat sans appel : chaque journée en mer représente désormais des centaines d’euros de carburant, difficilement compensés par les ventes à la criée.

Pêcher ne suffit plus à équilibrer les comptes

Au-delà du gasoil, les charges fixes pèsent lourd : remboursement de bateaux, assurances, entretien, frais d’équipage. Même rester à quai n’apporte aucune solution, puisque les coûts continuent de courir.

“On préfère aller en mer et gagner notre vie, mais ce n’est plus possible”, résume un patron pêcheur, qui dit devoir arbitrer entre travailler à perte ou s’arrêter au risque de s’endetter davantage.

Un secteur sous tension permanente

Les professionnels évoquent également un sentiment d’épuisement face aux contraintes réglementaires et économiques : quotas, contrôles, variations des prix à la criée… autant de facteurs qui fragilisent un métier déjà jugé précaire.

Beaucoup dénoncent une accumulation de crises successives, qui rendent la visibilité à long terme quasiment impossible pour les armateurs comme pour les marins.

Une mobilisation appelée à s’étendre

Réunis en nombre lors d’échanges récents, les pêcheurs espèrent élargir leur mouvement. L’opération “port mort” pourrait ainsi se prolonger ou s’étendre à d’autres ports si aucune réponse n’est apportée.

Au cœur des revendications : un prix du gazole jugé supportable, autour d’un niveau fixe permettant de garantir la survie économique des petites unités de pêche.

Pour les professionnels, l’enjeu dépasse désormais le seul carburant : c’est toute la viabilité de la pêche artisanale qui est en question.

Écrit par: Jade

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