Ile-de-France

« On n’a même plus le temps de parler aux résidents. On court toute la journée », le cri d’alarme des salariés de deux Ehpad gérés par la Croix Rouge

todayfévrier 24, 2026 4

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Les salariés de deux Ehpad du Val-d’Oise gérés par la Croix-Rouge tirent la sonnette d’alarme. Infirmiers, aides-soignants et auxiliaires de vie dénoncent le manque de personnel et la dégradation de leurs conditions de travail, et ont lancé un mouvement de grève.

À Montmorency, Jean-Baptiste Lepetit, délégué CGT, explique : « Quand je suis arrivé, nous étions dix soignants. En 11 ans, nous sommes passés à six. On est épuisé et, en étant épuisé, on effectue un travail dégradé. » Chadia Touati, auxiliaire de vie, résume la situation : « On n’a même plus le temps de parler aux résidents. On court toute la journée. »

La population accueillie est de plus en plus âgée, avec des pathologies lourdes, rendant chaque intervention plus complexe. Les résidents font aussi preuve d’autonomie quand ils le peuvent. Annie Martin, résidente de Montmorency, raconte : « Moi, je suis valide, je peux prendre mes douches toute seule, je fais mon lit toute seule… il y a beaucoup de choses que le personnel n’a pas besoin de venir faire. »

À Sarcelles, l’autre Ehpad de 90 résidents géré par la Croix-Rouge, la mobilisation est similaire. Depuis 10 jours, les salariés font grève sur leurs heures de pause pour demander le retour du poste de soignant supprimé et du demi-poste infirmier manquant. Gwénaelle Brault, infirmière et représentante syndicale CGT, insiste : « Ce n’est pas grand-chose, mais cela changerait énormément nos conditions de travail. »

Christelle Llonga, représentante CGT de la Croix-Rouge Île-de-France, appelle à des décisions concrètes : « Il est urgent que la Croix-Rouge cesse de se cacher derrière les financeurs et obtienne les moyens nécessaires pour travailler correctement et exercer notre métier. »

Une rencontre entre les représentants du personnel, l’Agence régionale de santé et le conseil départemental du Val-d’Oise est prévue cette semaine. La direction de l’Ehpad de Sarcelles a répondu par mail, estimant que « le gel d’un poste et la diminution des heures d’une infirmière répondent à la nécessité d’assurer la pérennité de l’établissement dans un cadre budgétaire contraint, tout en préservant la qualité et la sécurité des soins ».

Écrit par: Jade

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