Normandie

CRA d’Oissel : Marche choc à Rouen pour la fermeture du centre !

todayjuin 14, 2026 1

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CRA d'Oissel : Marche choc à Rouen pour la fermeture du centre !

Ce vendredi 12 juin 2026, la ville de Rouen sera le théâtre d’une mobilisation importante. Le réseau des visiteurs du Centre de Rétention Administrative (CRA) d’Oissel appelle à une grande marche. L’objectif est clair : dénoncer des conditions de rétention jugées inacceptables et exiger la fermeture de cet établissement. Cette action intervient juste avant une audience cruciale au Tribunal administratif de Rouen, suite au dépôt d’un référé-liberté.

Le rassemblement est prévu place de l’Église Saint-Sever, sur la rive gauche. Le cortège rejoindra ensuite la place de la Cathédrale. Là, les manifestants prévoient une mise en scène choc : la reconstitution d’une chambre du CRA. Une manière forte d’illustrer les réalités vécues par les personnes retenues à Oissel et de sensibiliser le public normand à cette situation.

« Ce centre est un non-sens« , déclare Chantal Touret, membre active du réseau. Elle souligne l’inefficacité du système : sur 90 jours de rétention, seuls 40% des étrangers sont effectivement éloignés du territoire. Les autres sont libérés, parfois pour être à nouveau arrêtés. Le coût est colossal pour le contribuable : 602 euros par jour et par personne, soit environ 53 000 euros pour trois mois. Un investissement qui, selon les militants, « rend fou » plutôt que de favoriser l’intégration.

Depuis sa création en 2004, le CRA d’Oissel, qui compte 66 places, est sous le feu des critiques. Les rapports du Contrôleur général des lieux de privation de liberté sont accablants. En septembre 2025, une visite a révélé des « locaux indignes, inadaptés, dégradés et sales ». L’absence d’intimité et de sécurité génère un sentiment constant d’insécurité. De plus, le sous-effectif du personnel est pointé du doigt, aggravant les conditions et favorisant des violences souvent non documentées.

Le problème est amplifié par les difficultés d’éloignement de certains ressortissants, notamment ceux du Maghreb. L’Algérie, par exemple, refuse fréquemment de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires. Conséquence : le taux d’éloignement diminue, tandis que la durée de rétention s’allonge. Une situation qui pousse à s’interroger sur l’efficacité et l’humanité d’un tel dispositif.

Écrit par: Seb Debollivier

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