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C’est une première à Rennes ! Les 4 et 5 juin, le CHU et l’Université ont mis les bouchées doubles. Au programme : un séminaire choc sur la chirurgie de guerre et de catastrophe. L’objectif ? Préparer nos équipes soignantes aux pires scénarios. « Il faut y aller franco ! », lance un médecin. Dans le laboratoire d’anatomie de l’université, l’ambiance est studieuse et intense.
Blouses bleues, masques, charlottes… La scène est saisissante. Deux groupes d’une dizaine de futurs chirurgiens et infirmiers de bloc s’affairent autour de lits. Il s’agit en fait d’une simulation ultra-réaliste. Ils s’entraînent sur des corps donnés à la science, reproduisant des blessures de guerre, d’attentats ou d’accidents graves. « Il s’est pris une balle dans le cou, ça saigne massivement. Il faut ligaturer l’artère pour stopper l’hémorragie », explique Myriam Le Coq, interne en chirurgie ORL, en plein exercice.
Ces jeunes professionnels sont formés par des médecins de terrain, des pointures en la matière. Jocelyn Nothomb, réanimateur au CHU de Rennes et membre de Médecins sans frontières, le confirme : « Ici, on simule sur des sujets anatomiques des procédures essentielles. Ça peut être un grave accident de voiture, un attentat terroriste, ou même une attaque plus sérieuse. » Car la médecine de guerre n’est plus l’apanage des armées, les attentats du Bataclan l’ont tristement prouvé.
Le médecin en chef Pierre, chirurgien maxillo-facial de l’hôpital des armées de Laveran, apporte son expertise. Spécialisé dans les blessures faciales de guerre, il partage son expérience : « Nous avons une certaine habitude de ces situations. On vient partager notre savoir-faire. » Au-delà de la pratique, des cours théoriques abordent le tri des blessés ou comment sauver un maximum de vies.
Aujourd’hui, les chirurgiens sont souvent ultra-spécialisés, aidés par la technologie. Mais en cas de catastrophe ou de conflit, le tableau change. « En cas d’afflux massif de victimes, le chirurgien polyvalent est essentiel. Cette formation remet au goût du jour cette polyvalence indispensable », souligne un intervenant. La situation mondiale, avec ses tensions et conflits aux portes de l’Europe, renforce la motivation des participants. Magali Fossey, infirmière au bloc opératoire du CHU de Rennes, le résume bien : « Participer à ces exercices nous permet de mentaliser concrètement les réponses que nous pourrions apporter face à l’impensable. » Nos soignants rennais sont prêts à faire face, même à l’extrême.
Écrit par: Seb Debollivier
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