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C’est une triste réalité qui frappe Nantes, et plus particulièrement le quartier de la Bottière. Depuis la fin avril, quatre jeunes hommes ont perdu la vie, tués par balles, dont un adolescent de 18 ans ce jeudi 4 juin. Ces homicides seraient, selon le parquet, directement liés au narcotrafic. Face à cette série noire, les résidents sont à bout, témoignant d’un quotidien marqué par une insécurité grandissante et un sentiment d’abandon. « Tout le monde veut que ça s’arrête parce que c’est vraiment triste, mais les tirs sont devenus quasi quotidiens », confie Sylvain, habitant du quartier depuis 2018.
Le dernier drame a vu le quartier bouclé par les forces de l’ordre. La jeune victime aurait été « recherchée et ciblée » par des individus à motocross. Cette violence intervient malgré l’annonce récente par la préfecture d’un dispositif renforcé de présence policière. Un décalage qui interpelle les habitants. « On a beau appeler la police, ça continue malgré tout. C’est triste à voir, et c’est préoccupant », déplore Sylvain, qui cherche à déménager depuis un an. L’impression est claire : les mesures annoncées ne suffisent pas à enrayer la spirale.
La situation n’est pas nouvelle. « Malheureusement, depuis la période post-Covid, les épisodes de tirs ont commencé à devenir de plus en plus fréquents. Depuis environ un an, ça se produit presque quotidiennement », explique Sylvain. Les témoignages sont glaçants : « Personnellement, de mon balcon, j’ai vu des gens avec des kalachs dans les mains. Les armes, ça devrait être mieux régulé », s’indigne le père de famille. Une autre résidente, sous couvert d’anonymat, exprime sa colère face à ce qu’elle perçoit comme un manque d’action concrète des autorités : « Les politiciens nous disent : on fait des choses, il y a des ressources… Mais il n’y a rien du tout ! »
La peur est palpable, surtout pour les familles. « Le meurtre s’est passé vers 13 heures. C’est l’heure où ma fille rentre de l’école. Imaginons : elle vient manger à la maison, elle prend une balle perdue, hop, c’est fini. Ça aurait pu ! », s’inquiète cette jeune mère. Cette angoisse est partagée : « C’est difficile à imaginer, mais c’est devenu invivable. Nous avons peur de sortir, peur d’être chez nous également, car même une balle tirée en l’air pourrait atteindre un immeuble ou traverser une paroi », ajoute Sylvain. Un cri d’alarme qui résonne dans tout le quartier de la Bottière.
Écrit par: Seb Debollivier
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