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Un geste fort pour l’histoire ! La ville de Bordeaux vient de refuser officiellement le legs de la célèbre collection Petit. Soixante-quatre objets d’art africains, acquis durant la période coloniale, ne rejoindront pas les musées bordelais. La raison ? Bordeaux souhaite leur retour direct en Afrique, vers leurs pays d’origine.
Une décision qui émeut déjà. L’ambassadrice du Gabon a même parlé d’un « moment inédit » entre nos deux nations. Pour Yannick Meyo, de l’association Diasp’Aura, c’est clair : « Ces œuvres sont une part de nous qui nous est restituée. »
Ces trésors culturels ? Ils proviennent de la collection privée de Marie-Thérèse et Jacques Petit. Ce couple bordelais, sage-femme et chirurgien, les a acquis lors de leurs séjours en Afrique entre 1947 et 1982. Mais le contexte est crucial : « Pendant la colonisation, les rites africains étaient interdits, » rappelle Yannick Meyo. Posséder des reliquaires était un délit. C’est ainsi que ces pièces ont été vendues, loin de leur terre, pour finir sur le marché de l’art.
Sur les 64 objets, la moitié vient du Gabon. Certaines pièces, de la région Tsoho, sont d’une rareté exceptionnelle. Un patrimoine inestimable que Bordeaux ne veut pas garder. Le conseil municipal a voté ce refus le 1er juin. Un vrai camouflet à la volonté de Marie-Thérèse Petit qui rêvait de les voir au musée d’Aquitaine. Le maire, Thomas Cazenave, est clair : « Les œuvres ne sont pas là pour être conservées mais pour être transmises et participer au dialogue entre nos pays. »
L’objectif est limpide : toutes ces pièces retourneront en Afrique. À condition que les pays d’origine manifestent leur intérêt, bien sûr. Le Gabon l’a déjà fait ! Une délégation gabonaise était même présente le 1er juin, un moment chargé d’émotion. L’ambassadrice du Gabon espère que ce geste bordelais fera école. Que d’autres villes suivront l’exemple. Au musée d’Aquitaine, on le reconnaît : « C’est un réflexe que nous n’avions pas avant, » confie la directrice adjointe, Katia Kukawka. Bordeaux ouvre la voie !
Écrit par: Seb Debollivier
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