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Imaginez : une fillette de 8 ans qui rentre de l’école… dans une tente. C’est la triste réalité de Maïa et de ses frères à Strasbourg. Au campement de Krimmeri, leur « chambre » est aussi leur salle à manger. Une vie précaire, surtout sous la pluie d’avril. Selon les associations, entre 50 et 100 enfants dorment dehors dans la capitale alsacienne. Un chiffre alarmant, malgré leur droit fondamental à un logement.
La famille de Maïa vit sous une toile depuis près de deux ans. Venue de Serbie, elle a dû quitter Verdun où les enfants subissaient du racisme. De retour à Strasbourg, ils ont trouvé refuge près d’un campement de sans-abris. Une vie rythmée par la pluie, le froid et les opérations de « relogement » de la préfecture qui ne règlent rien. La fine couche de polyester de leur tente offre peu de résistance au vent, et les flaques de boue devant l’entrée témoignent de nuits difficiles.
Céline Balasse, de l’association « Enfants à la rue, État hors-la-loi », tire la sonnette d’alarme. Pour elle, cette situation est inacceptable et risque de marquer durablement ces jeunes. Ces enfants se construisent à un âge crucial, et cette précarité aura des conséquences néfastes. Elle pointe du doigt des logements vacants à Strasbourg, propriétés de la Ville, qui pourraient pourtant offrir un toit. Un courrier a même été envoyé à la majorité municipale avec des adresses précises.
Du côté de la Ville, Céline Geissmann, adjointe aux droits de l’enfant, assure que le sujet est pris au sérieux. Mais elle évoque les contraintes : sécurité, habitabilité, accompagnement social. Pour l’heure, pas de solution miracle immédiate. Pendant ce temps, des dizaines d’enfants du Grand Est, comme Maïa, attendent toujours un vrai chez-soi, un toit, juste une maison.
Écrit par: Seb Debollivier
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