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Au Croisic, la bataille fait rage autour des goélands ! La mairie a obtenu une dérogation pour stériliser jusqu’à 260 œufs, une décision qui ne passe pas auprès des défenseurs de l’environnement. Des associations comme Bretagne Vivante, France Nature Environnement et la LPO ont saisi en urgence le tribunal administratif de Nantes. Elles demandent la suspension de cette autorisation d’« asphyxier » les fœtus, dénonçant l’utilisation d’un produit potentiellement dangereux pour nos amies les abeilles et rappelant que le goéland argenté est une espèce protégée.
Selon Maître Fanny Le Reste, l’avocate des associations, l’urgence est d’autant plus grande que la précédente dérogation n’aurait pas été respectée. Elle pointe également un manque de motivation de l’arrêté municipal, qui évoque des « nuisances pour les touristes » et des dommages aux propriétés, sans apporter de preuves solides. L’étude de Cap Atlantique, qui servirait de base, mentionne un risque de pollution par Escherichia coli dans la Baie du Pouliguen, mais aucun lien direct n’est établi avec les goélands urbains du Croisic. Un argumentaire jugé trop léger face à l’impact sur une espèce protégée.
Pourquoi ne pas opter pour d’autres solutions ? C’est la question que posent les associations. Des méthodes comme l’« électro-répulsion » ou une meilleure gestion des déchets humains, jugées efficaces et moins invasives, n’auraient pas été étudiées par la commune. En revanche, la méthode actuelle est qualifiée de « mutilante », coûteuse (10 000 € par campagne) et même « peu efficace », car les goélands font des pontes de remplacement. L’avocate rappelle que le produit utilisé est en plus dangereux pour les abeilles et les organismes aquatiques. Face à un déclin national de 62% en 30 ans pour cette espèce passée sur « liste rouge », une « stratégie de cohabitation » est plus que jamais nécessaire, comme le prouve l’exemple de Concarneau.
Écrit par: Seb Debollivier
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