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Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Menée entre 2022 et 2024 par les HUG avec plusieurs hôpitaux romands, cette vaste étude a suivi 178 victimes d’agressions sexuelles pendant un an. Résultat : pour la majorité des personnes concernées, les conséquences restent bien présentes longtemps après l’événement.
Au fil des mois, les troubles psychiques s’installent. Un an après les faits, 57 % des personnes suivies présentent une anxiété marquée, 71 % souffrent de dépression et 68 % présentent un trouble de stress post-traumatique probable. Pour les soignants, cette réalité confirme ce qu’ils observent déjà au quotidien : le traumatisme peut durer et peser lourdement sur la santé mentale.
La vie intime est elle aussi touchée. Parmi les personnes sexuellement actives, 63 % rapportent encore des difficultés sexuelles douze mois après l’agression, avec des problèmes de désir, d’excitation ou d’orgasme. À cela s’ajoutent souvent des symptômes physiques persistants : douleurs chroniques, troubles du sommeil, fatigue, migraines ou encore soucis digestifs.
Pour les médecins suisses, cette étude change l’échelle du constat. Les séquelles observées sont qualifiées de comparables à celles de survivants de guerre. Les auteurs appellent donc à renforcer le suivi psychologique spécialisé à l’hôpital, à mieux standardiser les parcours de soins et à former davantage les professionnels de première ligne pour offrir une prise en charge plus adaptée et plus humaine.
Écrit par: Seb Debollivier
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