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C’est un rendez-vous que la famille de Corentin Jeras attend depuis plus de onze ans. Ce mardi 28 avril 2026, s’ouvre à Reims un procès lourd de sens : deux chirurgiens sont jugés pour homicide involontaire. En cause, le décès de Corentin, alors âgé de 11 ans, survenu le 2 novembre 2014. Ce drame, d’abord médical, est devenu un véritable marathon judiciaire, marqué par des péripéties et l’annulation d’un premier procès. Une longue attente pour les parents, qui espèrent enfin des réponses.
Pour Pierre Jeras, le père de Corentin, la colère est toujours vive. « On a laissé crever mon fils pour de l’argent et de l’orgueil », martèle-t-il, refusant même la présence d’un avocat. Malgré sa désillusion face à la justice, il nourrit l’espoir d’une condamnation des deux praticiens. Un aboutissement pour cette famille du Grand Est qui a bataillé sans relâche pour que la vérité éclate et que les responsabilités soient établies.
Le cœur du drame remonte au 1er novembre 2014. Admis pour des douleurs abdominales à la clinique Claude Bernard de Metz, Corentin est opéré d’une appendicite… qui n’existait pas. Lors de l’intervention, menée par le Dr Benlahrir, l’aorte du jeune garçon est perforée par erreur, à cause d’un matériel inadapté. Le Dr Chipponi intervient ensuite, mais malgré une longue opération, Corentin se vide de son sang. Transféré d’urgence au CHRU de Nancy, il décédera le lendemain. Ce sont ces deux chirurgiens qui comparaissent aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Reims.
Les parents de Corentin vont plus loin : ils estiment que d’autres acteurs devraient être sur le banc des accusés. « Il manque la clinique Claude Bernard, qui n’avait pas de matériel pédiatrique, et le conseil de l’ordre des médecins de Meurthe-et-Moselle, déjà averti des défaillances du Dr Benlahrir », dénonce Pierre Jeras. Leur pourvoi en cassation à ce sujet a été rejeté. Les deux chirurgiens ont déjà été sanctionnés par l’Ordre des médecins – suspension de quatre ans pour le Dr Benlahrir (qui exercerait désormais au Maroc) et deux ans pour le Dr Chipponi. Ils risquent désormais jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Écrit par: Seb Debollivier
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