Hauts-de-France

Ils trouvent un lien entre diabète et hypertension : la promesse d’une « prise en charge plus personnalisée »

todayfévrier 12, 2026 6

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Une équipe de scientifiques basée à Lille et à Surrey, au Royaume-Uni, a mis en lumière un facteur commun entre le diabète de type 2 et l’hypertension artérielle. Longtemps considérée comme une simple association liée aux habitudes alimentaires, cette coexistence fréquente pourrait en réalité s’expliquer en partie par l’hérédité.

Pendant quatre ans, les chercheurs ont cherché à comprendre pourquoi ces deux maladies apparaissent si souvent chez les mêmes patients. Jusqu’ici, l’explication reposait surtout sur des comportements à risque, comme une alimentation trop riche en sel ou en sucres. La nouveauté de cette étude est d’avoir exploré la piste génétique.

Les équipes du centre PreciDIAB, spécialisé dans la médecine de précision du diabète, ont ainsi examiné le patrimoine génétique de 1 304 personnes afin d’identifier d’éventuelles prédispositions communes.

Une association qui ne doit rien au hasard

Les résultats, publiés le 9 février dans la revue Nature Communications, montrent que certains profils génétiques augmenteraient fortement la probabilité de développer à la fois un diabète de type 2 et une hypertension. Le risque serait notamment plus élevé chez les personnes déjà diabétiques, celles souffrant d’obésité ou présentant des antécédents cardiovasculaires.

Pour le professeur Philippe Froguel, impliqué dans ces travaux, il ne s’agit plus d’un simple hasard. « On pensait auparavant que cette association relevait d’une coïncidence. Désormais, nous pouvons envisager un suivi plus adapté à chaque patient », explique-t-il. Cette découverte ouvre la voie à une prise en charge davantage individualisée.

Les chercheurs rappellent toutefois que la génétique n’explique pas tout. Le mode de vie, l’environnement et l’histoire médicale personnelle restent des éléments déterminants dans l’apparition de ces pathologies.

Miser sur la prévention personnalisée

L’étude s’inscrit dans une tendance croissante de la recherche médicale : utiliser la génétique pour anticiper les maladies. L’objectif est de pouvoir identifier les personnes les plus exposées et leur proposer des recommandations ciblées pour réduire les risques.

« Être efficace aujourd’hui, c’est faire de la prévention. Il faut pouvoir dire à quelqu’un quels sont ses risques et comment agir pour les limiter », souligne le professeur Froguel. Cette approche est déjà utilisée dans d’autres domaines, notamment pour certaines maladies neurodégénératives.

Par exemple, lorsqu’une prédisposition génétique à Alzheimer est détectée, des conseils simples peuvent être donnés : corriger les troubles de la vue ou de l’audition, arrêter de fumer ou adapter son mode de vie. Ces ajustements peuvent parfois réduire le risque de moitié.

À terme, cette meilleure connaissance des profils génétiques pourrait donc permettre d’anticiper plus efficacement le diabète et l’hypertension, deux maladies qui touchent aujourd’hui des millions de personnes dans le monde.

Écrit par: Jade

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