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Au cœur du 14e, la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) est en ébullition. Son parc emblématique, poumon vert du campus, est régulièrement fermé. En cause : des événements privés, notamment des défilés de mode. Une pilule difficile à avaler pour les 6 000 résidents, qui dénoncent une « privatisation » de leur espace de vie. L’administration, elle, justifie ces choix par la nécessité d’une « contribution budgétaire » face à des finances tendues.
Dernière goutte d’eau : la fermeture de la grande pelouse pour un défilé de la Paris Fashion Week. De fin mai jusqu’au 7 juillet, cet espace vital est devenu inaccessible. Le Bureau des résidents de la CIUP n’a pas tardé à réagir. Une pétition, lancée sur Change, dénonce cette « décision unilatérale » et réunit déjà plus de 1300 signatures. Le mot d’ordre : « non à la privatisation de la grande pelouse ».
Pour les résidents, comme Élisabeth (prénom d’emprunt), étudiante en histoire de l’art, le problème est profond. Elle vit à la CIUP depuis deux ans et dénonce des « fermetures répétées, sans explication ». L’an dernier déjà, la pelouse avait été réquisitionnée pour un autre défilé. Manque de transparence, loyers qui grimpent, infrastructures vieillissantes… Le contraste est frappant. Pour elle, ces pratiques vont à l’encontre des valeurs mêmes de la Cité, bâtie après la Première Guerre mondiale pour promouvoir la paix et les échanges culturels. La pelouse, lieu de rassemblement, en est le symbole.
L’impact écologique de ces installations temporaires et de l’utilisation intensive de la pelouse est également mis en avant. Une aberration pour Élisabeth, surtout quand l’administration évoque des « travaux de rénovation » pour justifier les fermetures. En clair, pour les résidents, l’argent prime sur tout. Les défilés de mode, avec leurs considérations financières, prennent le pas sur l’accès public et les valeurs d’échange qui ont fait la renommée de la CIUP. Un sacrifice lourd de sens pour l’image de la Cité.
Écrit par: Seb Debollivier
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