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À Mauriac, au cœur du Cantal, un lieu chargé d’histoire s’est transformé. L’ancienne prison du XIXe siècle est aujourd’hui un musée municipal, invitant à une visite hors du commun. Ces murs, témoins silencieux de vies passées, ont bien des récits à partager, notamment à l’occasion d’événements comme la Nuit européenne des musées.
L’aventure débute au XVe siècle. Le puissant monastère Saint-Pierre de Mauriac y bâtit la résidence de son doyen, et surtout, ses propres geôles. Pourquoi ? Le monastère avait alors droit de haute justice. Après la Révolution, la ville récupère ces prisons, qui ne fermeront qu’en 1951, faute de détenus. Le bâtiment, lui, deviendra musée en 1985.
Malgré les rénovations successives, l’établissement a su garder son âme. On y découvre encore quelques cachots, la cour des hommes avec sa porte Renaissance, ou une cheminée du XVIe siècle. Le plus saisissant ? Les graffitis gravés au couteau par les prisonniers eux-mêmes sur les portes des geôles. Des noms, des dates, comme un écho direct du passé, dont une de 1854.
« C’était plutôt une prison tranquille de campagne, » confie Cathy Chambon, présidente de l’Office de Tourisme du Pays de Mauriac. Avec une vingtaine de détenus maximum, c’était souvent un lieu de transit pour les prévenus du sud de la région. Mais derrière cette façade discrète, les archives révèlent des drames : infanticides, adolescents envoyés au bagne pour quelques larcins, et même le retentissant « Crime de la Saint-Mary » en 1825. Des histoires qui prennent aux tripes.
Écrit par: Seb Debollivier
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