Hauts-de-France

Trafic d’animaux : les découvertes surprenantes de la police de l’environnement dans l’Oise

todaymars 10, 2026 6

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Depuis plusieurs années, les inspecteurs de l’Office français de la biodiversité (OFB) mènent un combat discret mais intense contre le trafic d’animaux sauvages. Dans l’Oise, cette brigade spécialisée agit depuis 2020 et ses interventions ont déjà permis de mettre au jour des situations étonnantes et parfois choquantes.

En cinq ans, les treize inspecteurs de l’antenne départementale ont mené des dizaines d’enquêtes judiciaires sous l’autorité des parquets locaux. Leur bilan est impressionnant : 89 animaux vivants saisis et plus de 1 150 animaux morts ou parties d’animaux confisqués.

Tigres maltraités et commerce illégal de primates

Parmi les dossiers les plus marquants figure celui d’un dresseur de fauves près de Beauvais. Dix tigres, victimes de mauvais traitements, avaient été retirés à leur propriétaire après une plainte d’une association de protection animale. La justice a finalement condamné l’homme à une peine de prison avec sursis et à une lourde amende destinée notamment à financer le refuge qui a recueilli les félins.

Plus récemment, une autre affaire a révélé un trafic de petits primates. À Creil, un homme a été arrêté pour la vente illégale de différentes espèces de singes, notamment des ouistitis et des tamarins. Il a écopé d’une peine de prison avec sursis et d’une amende. Lors de diverses interventions, les inspecteurs ont également récupéré des dizaines de tortues et de nombreux oiseaux, dont des perroquets et des rapaces.

Un trafic qui concerne aussi des objets et des trophées

Le commerce illégal ne concerne pas seulement des animaux vivants. Selon Interpol, la majorité du trafic porte aujourd’hui sur des restes d’animaux ou des objets fabriqués à partir d’espèces protégées, destinés à la décoration, à la consommation ou à certaines pratiques traditionnelles.

Dans l’Oise, les contrôles ont permis de découvrir des objets particulièrement surprenants : crânes d’orang-outan, peaux d’ocelot ou encore ours naturalisés. Lors d’une opération menée dans une foire aux puces en 2025, les inspecteurs ont aussi identifié de nombreux objets interdits à la vente, comme des produits en ivoire d’éléphant, en écailles de tortue marine ou en peau de crocodile.

Depuis 2022, la commercialisation d’ivoire d’éléphant est d’ailleurs totalement interdite dans l’Union européenne.

Une législation très stricte

En France, la détention et la vente d’espèces sauvages sont encadrées par le Code de l’environnement et par des conventions internationales. Les propriétaires doivent prouver l’origine légale de l’animal et disposer d’autorisations spécifiques.

En cas d’infraction, les sanctions peuvent être lourdes : jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende, voire davantage lorsque le trafic est organisé en réseau.

Un marché criminel très lucratif

Au niveau mondial, le commerce illégal d’espèces sauvages représente un véritable marché noir. Les estimations évoquent près de 20 milliards de dollars par an, ce qui en fait l’un des trafics les plus rentables, souvent lié à d’autres formes de criminalité.

Le défi du placement des animaux saisis

Lorsque des animaux vivants sont récupérés par les autorités, leur prise en charge reste compliquée. Les structures spécialisées manquent de places et les refuges sont souvent saturés.

Pour améliorer la situation, une mission a été confiée à l’Association française des parcs zoologiques afin d’organiser le placement de ces animaux dans des structures adaptées. Malgré cela, trouver un lieu d’accueil reste parfois difficile pour certaines espèces.

Écrit par: Jade

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