Hauts-de-France

La construction d’un viaduc menace l’activité de cette champignonnière, les propriétaires et salariés refusent de quitter les lieux

todayfévrier 24, 2026 74

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Depuis 2013, les propriétaires de la champignonnière Calegari à Coyolles (Aisne) suivent de près le projet de viaduc de Vauciennes, qui pourrait passer sur leur terrain et menacer leur activité. Ce lundi 23 février 2026, la situation s’est tendue : un représentant de la DREAL est venu exiger l’évacuation immédiate des lieux pour réaliser des travaux. Mais propriétaires et salariés refusent de partir tant que les conditions d’indemnisation ne sont pas clarifiées.

Trois générations se sont succédé dans cette champignonnière, fondée par leur grand-père en 1930, et la famille a acheté la carrière en 1995. Jean-François Calegari explique : « On n’est pas contre le viaduc, mais il faut s’entendre sur un chiffre juste. Nous avons consacré notre vie à cette entreprise. » Pour Bruno Calegari, copropriétaire : « Même pour deux ou trois semaines de travaux, la production s’arrêterait et nos clients iraient ailleurs. »

Le litige dure depuis longtemps. L’ordonnance de circulation date de 2013, mais l’administration est restée silencieuse pendant des années. Lors des premiers sondages, réalisés malgré un accord pour travailler de nuit, une partie de la voûte de la carrière s’est effondrée, poussant le personnel à exercer son droit de retrait.

Aujourd’hui, la famille conteste le fait que l’État se déclare propriétaire de l’ensemble de la carrière, alors que l’ordonnance d’expropriation ne concerne qu’une seule parcelle sur 100 hectares. L’avocat Ghislain Fay dénonce la brutalité de la démarche : « On nous dit de mettre nos salariés au chômage et on verra ensuite pour l’indemnisation. Avec 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et 17 salariés, c’est une mort économique certaine. »

Salariés et propriétaires dénoncent le stress et l’inquiétude générés par cette situation. Khalida El Ahmadi, employée depuis 36 ans, raconte : « On se demande ce qu’on va devenir. On a tous une famille, et on nous demande de partir du jour au lendemain. »

À ce stade, ni la DREAL, ni la Préfecture de l’Aisne n’ont souhaité commenter. Les gendarmes sont partis à midi, laissant la tension retomber, mais aucune solution n’est encore trouvée. L’avocat espère que l’État reprendra contact pour négocier les indemnisations et rappelle que d’autres recours juridiques restent possibles.

Écrit par: Jade

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