Grand-Est

« De dépannage en dépannage, on est devenus indispensables » : quand des médecins retraités restent en activité

todayfévrier 23, 2026 30

Arrière-plan
share close

En Moselle, certains médecins continuent d’exercer bien après l’âge de la retraite. Par choix, par attachement à leur métier, mais surtout parce que la relève manque cruellement. Ils interviennent dans des maisons de santé ou assurent des remplacements ponctuels, comme le docteur Pierre Barbiche à Morhange.

À 70 ans, deux ans après avoir officiellement cessé son activité, il n’a jamais vraiment rangé sa blouse. Lorsqu’il a transmis son cabinet à une jeune praticienne, il s’était engagé à lui prêter main-forte en cas de besoin. Aujourd’hui, il répond présent pour soulager sa successeure et garantir la continuité des soins. « Je rends service à ma collègue, mais surtout aux patients », explique-t-il.

Dans ce secteur rural, la pénurie de médecins se fait de plus en plus sentir. Sans ces remplaçants expérimentés, certains habitants devraient se contenter de téléconsultations, une option qui ne rassure pas tout le monde. Pour Chantal, patiente à Morhange, la présence physique d’un médecin est essentielle : « C’est important d’avoir quelqu’un sur place, ça me rassure. »

Pour les responsables des structures médicales, ces renforts sont devenus indispensables. À la maison de santé, leur présence permet d’absorber les absences liées aux congés ou aux arrêts maladie. « Sans eux, on ne tiendrait pas », confie l’un des gestionnaires.

Plus loin, dans la vallée de la Fensch, un service entier fonctionne grâce à des médecins retraités issus du libéral. Installée au sein de l’hôpital d’Hayange après la fermeture des urgences, cette unité de médecine polyvalente repose en grande partie sur ces praticiens seniors. Ils assurent un suivi complet des patients et exercent comme médecins référents. Tous ont plus de 70 ans et travaillent à temps partiel.

Pour ces professionnels, cette organisation est idéale : elle leur permet de rester utiles sans subir la pression d’un cabinet à plein temps. Le docteur Michel Brissot, ancien médecin humanitaire, apprécie ce rythme plus souple. « Je vois beaucoup de patients chaque jour, mais je ne gère pas l’administratif. Mon objectif reste le même : soigner et aider », affirme-t-il.

Aujourd’hui, près d’un médecin sur dix en France cumule retraite et activité. Un chiffre révélateur des difficultés d’accès aux soins, mais aussi de la passion intacte de ces praticiens pour leur métier. Malgré les années, leur engagement reste fort, et leur rôle, plus que jamais, essentiel.

Écrit par: Jade

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires


Développe ta WebRadio avec RadioMania
0%